La 11e édition du Marché des arts du spectacle organisé du 7 au 14 mars 2020 dans la capitale ivoirienne a convié à sa table des artistes venus des quatre coins du monde. Le Cameroun bien sûr a répondu présent, fier de sa diversité culturelle.

Sous le ciel étoilé de la capitale ivoirienne, Teety Tezano, jeune chanteuse camerounaise, monte sur la scène réservée à la Zone Street Arts du Marché des arts du spectacle d’Abidjan. La nuit est déjà bien avancée, le public éreinté, mais Teety a le secret pour redonner à tous, la chaleur et le peps nécessaires. Avec son titre « Propaganda », elle réveille les mélomanes et les cons - ciences. Ça touche à la politique, sans trop d’exagération.

Le plaidoyer de la jeune femme, c’est le rythme, l’ambiance et la joie. Et quelques minutes plus tard, c’est sa compatriote Nicole Obélé, également sélectionnée dans la catégorie musique de ce 11e MASA, qui se lance sur le plateau de l’Esplanade lagunaire du palais de la Culture situé dans la commune de Treichville, coeur des activités de cette rencontre culturelle internationale. A Abidjan, du 7 au 14 mars 2020, le vertrouge- jaune ne creuse pas son sillon uniquement à force de décibels. Il se déploie dans trois autres disciplines.

La danse, sur les pas d’Agathe Djokam, l’humour avec Charlotte Ntamack et Markus, le slam déclamé par Marsi Essomba. C’est l’espace culturel Yelam’s à quelques mètres du palais de la Culture qui a accueilli les sketchs des ambassadeurs camerounais du rire. D’ailleurs, c’est une affiche arborant un Markus fier comme un paon et cintré dans un costume à quatre épingles qui capte dès l’entrée les visiteurs du Yelam’s. Et l’artiste camerounais n’en est pas peu comblé. « C’est moi là », fait-il, comme si personne n’avait remarqué.

Le 9 mars, il était à l’honneur dans cette salle avec son spectacle « Les gens font les choses », avant de se retrouver dans le conducteur de la grande soirée de l’humour le 13 mars au palais de la Culture. Markus compte désormais parmi les poulains du « Parlement du rire ». Vous avez dit « Parlement du rire » ? Alors Charlotte Ntamack n’est pas bien loin. En compagnie de son époux et metteur en scène Edouard Elvis Bvouma, elle parcourt les artères d’Abidjan. Madame y vit une bonne partie de l’année, étant un des principaux membres du « Parlement du rire ». Cette émission emmenée par l’humoriste nigérien Mamane a fait d’elle une des têtes d’affiche du MASA. « Il faut être à la hauteur pour toujours réussir à déclencher le rire.

Ne jamais penser que le public est acquis à notre cause, quoi qu’il arrive », avertit Charlotte. La danseuse et chorégraphe camerounaise, Agathe Djokam, à sa deuxième expédition au MASA, ne dort pas sur ses lauriers. La preuve, son spectacle déchirant autour du deuil a impressionné plus d’un témoin, aussi bien à la Salle Kodjo Eboucle du palais de la Culture, qu’à l’Institut français d’Abidjan. Autre grand moment, les ateliers de Marsi Essomba. Le slameur camerounais a initié plus de 1000 enfants à l’art de raconter une histoire. « Nous travaillons dès 7h du matin », rappelle celui qui est au MASA pour présenter « Bantu Trubadur », sa dernière production.

LE KAMER DANS LE « OFF »

Comme tous les festivals, le MASA se conjugue en « in » et en « off ». On dit d’ailleurs d’un festival qu’il mesure son succès à travers la portée de ses articulations off-calendrier.  En terre ivoirienne, la musique camerounaise se compose et se chante au féminin. D’abord avec Teety et Nicole, ensuite avec les dames de l’ « Escale Bantoo », conduites par Guy-Marc Tony Mefe, directeur artistique de l’Association Scène d’Ebène et promoteur du Salon international des Voix de FAME (ou Voix de Femmes). Dans un jazz bar de la commune de Marcory, « Le bateau », Christiane Moukory, Mabel Fa, Léonie Langa, Sengue et Tao ont distillé des sonorités « de la forêt ».

Cette respiration Bantoo du MASA, à la signature camerounaise, est à sa deuxième édition en Côte d’Ivoire. Un autre pan camerounais du « off » au MASA, c’est évidemment le Village Ki-Yi de Were Were Liking. Dès ses toutes premières heures, l’artiste camerounaise installée en Côte d’Ivoire il y a bientôt 40 ans, a accompagné le Marché des arts du spectacle d’Abidjan avec des animations. Entre shows musicaux, expositions de peinture et de sculpture, Were Were Liking ne laisse rien au hasard. Et les représentants camerounais à ce MASA 2020 se sont efforcés à suivre son exemple.