Comme un conte de fées ...

Il y a des profils qui vous déroutent. Vous ne savez par quel bout les prendre. Tant le pédigrée est riche et diversifié. Rien à jeter au final. Mme Célestine Ketcha Courtès est de cette tramelà. Sur le plan privé, son histoire est digne d’intérêt. Sur le plan professionnel, le parcours impressionne par l’engagement, l’audace, l’opiniâtreté, la détermination, la foi en soi et la soif d’impacter son environnement. Ce mardi 19 février, il est 18h, quand elle nous reçoit dans son bureau au 8è étage de l’Immeuble de l’Emergence. Sa table est nappée de paraphraseurs. Ici, on «bosse». Il y a quelques temps, nous l’interviewons comme maire, là, nous parlons à Mme le Ministre. Le statut a changé, mais la personne garde la même espièglerie, la même chaleur, la même générosité. Elle s’excusera d’ailleurs de nous avoir fait attendre (nous la relançons quasiment depuis une semaine). Son agenda est surchargé. Elle doit prendre ses marques et se mettre au travail immédiatement.

Pas de temps à perdre. Le Chef de l’Etat a prescrit l’accélération de l’amélioration des conditions de vie des populations, Mme le Ministre de l’Habitat et du Développement urbain sait que son secteur est clé dans cette dynamique. Elle a multiplié les descentes sur le terrain, les réunions avec les acteurs du secteur, etc. Mais qui est cette femme qui a effectué son entrée au gouvernement le vendredi 4 janvier 2019 ? Vous savez peut-être qu’elle a été maire de Bangangté, présidente du Réseau des Femmes Elues Locales d'Afrique, qu’elle est mariée et mère, qu’elle est dynamique, militante des droits de la Femme. Mais savez-vous quelle enfant elle a été ? Savez-vous qu’elle était la préférée de son père ? Savez-vous qu’elle a parcouru 7km à pieds pendant des années pour aller s’instruire dans l’école du village ? Célestine Ketcha Courtès s’est confiée, sans tabous, à votre magazine. Célestine Ketcha Courtès, se livre, telle qu’en elle-même, en exclusivité.

Mme le Ministre, permettez-nous de vous présenter nos félicitations après votre nomination comme ministre de l’Habitat et du Développement urbain. Hier maire, aujourd’hui ministre. Qu’est-ce qui a changé dans votre quotidien réellement au-delà du statut? Y a-t-il une différence ?

(Posée) Il n’y a pas de grande dif - férence. Sauf que les questions de délivrance et d’accompagnement du service public se situent sur le plan national. C’est plus grand. Ce n’est pas une ville, mais il s’agit de toutes les villes du Cameroun. Donc, c’est très important.

Vous vous réveillez toujours aux aurores…

(Enjouée) Pire qu’avant (rire). Je me couche tard, je me réveille tôt. Heureu - sement que la même organisation me permet de faire le point. Je me suis désen - gagée du secteur privé, parce que quand je me réveillais aux aurores, j’avais une heure pour «Queen Fish», ma société privée. J’avais une heure pour les organisations internationales et le reste du temps, je le consacrais à la mairie. Concernant les organisations internationales, j’essaye de responsabiliser d’autres maires, notamment les maires Camerou naises et les maires Africaines.

A peine installée que vous voilà sur le terrain… Est-ce pour impressionner les gens ?

(Calme) Je suis toujours sur le terrain, grâce à une belle organisation et l’accompagnement de mes collabo rateurs. Ces descentes sur le terrain sont indispensables, non seulement pour la compréhension de la situation, la prise en main des projets en cours. Elles ne m’empêchent pas de consacrer un temps à la gestion administrative, à la chasse aux partenaires de la coopération et du secteur privé, gages de la réussite de l’importante mission qui m’a été confiée par le Chef de l’Etat.Comme j’aime le répéter, j’ai eu le bonheur d’être parmi les maires de la «Global Task Force» qui ont travaillé sur les «Agendas du Développement» tant à l’Union européenne qu’à l’ONU. Et la réussite des Agendas, notamment “l’Accord de Paris” sur le climat, les ODD, le “Nouvel Agenda Urbain” passent par les actions du département ministériel dont j’ai la charge.

De quelle ville rêvez-vous ?

(Engagée) Je rêve des villes camerounaises propres, organisées, sans désordre urbain, ni pollution et engorgements. Je rêve des villes came - rounaises où l’humain est au centre de toutes les activités : logements décents, accès à l’énergie renouvelable, voiries et ouvrages d’assainissement, qui préservent nos populations des effets néfastes des changements climatiques. Je rêve des villes où il fait bon vivre, favorisant le vivre ensemble entre nos populations riches de leurs différences et de leur diversité.

Des observateurs estiment que les villes camerounaises manquent d’identité notamment au niveau architectural et de l’organisation des espaces. Que leur répondez-vous ?

(Posée) Toutes nos villes ont leur identité. L’absence de plans d’occupation des sols, architectural et d’assainissement n’enlève pas à nos villes leur identité. Ces plans sont des exigences, désormais incontournables, pour la délivrance des services essentiels organisés. Mon département ministériel est engagé à doter les villes de l’ensemble des documents de planification qui guideront leur construction ou leur restructuration. 

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