Jours de faîte

Sans que l’on ne puisse dire réellement si c’est une qualité ou un défaut, force est de constater que les Kamers ont la mémoire courte. Une capacité à digérer et à passer à autre chose pour le moins phénoménale. Les buzz comme les épreuves difficiles, font long feu au pays des Lions indomptables. Et l’inégalité des jours ou des situations, ne fait jamais oublier qu’au final, ils se succèdent les uns aux autres. Tenez ! alors que le mois de décembre et l’approche des fêtes ont été enflammés par «le syndicat» et un tarif «règlementaire» de 2.000 F à ne pas dépasser dans l’effort de guerre envers ces Dames, les premiers carillons de 2021 ont tôt fait de faire retomber le soufflet. Pour la Saint-Valentin qui arrive, ceux qui au-delà de la blague ont pris les consignes du syndicat au mot et pratiqué ce plafond budgétaire, risquent payer les pénalités. De gaieté de…coeur ? Sans doute, puisqu’on vous l’a dit, les Kamers oublient vite.

Et même ces dames ont probablement déjà «pardonné» les égarements de leurs partenaires dus à la pression syndicale. Mais nous l’avons dit, cette capacité à vite zapper est une pièce à deux revers. Elle a engendré un côté cyclotimique chez certains, prêts à lyncher avec rage ceux qu’ils ont adulé la veille. Et vice versa. Même ceux que l’on aura pensé être des idéologues purs et durs des hommes de conviction, auront, par la suite sans sourciller, retourné leurs vestes et renié leurs cathédrales idéologiques. Et n’allez pas croire qu’ici on ne parle que de politiques.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses jeunes filles «stars» de la toile, connaissent d’ailleurs fort bien ce syndrome, qui les fait passer en un clin d’oeil auprès d’un dragueur, de femme la plus belle du monde pour laquelle on ferait tout, à fille légère et moche qui se prend même la tête pour rien. De l’autre côté (pour qu’il n’y ait pas de jaloux), les anciens «Mougou» une fois qu’ils «ont percé», découvrent à quel point le changement de statut financier peut vous rendre séduisant et amener dans vos bras, celles qui avant lâchaient un gros «jamais!» à la seule évocation de votre nom.

C’est ce trait de caractère bien particulier des Kamers, qui donne souvent au mois de février une saveur tout aussi spéciale. En ce mois souvent, le ciel semble reprendre des couleurs. La «janviose» traversée, on se laisse d’autant plus facilement porter par le vent de fraîcheur de la fête de la jeunesse, puis les roses de la Saint-Valentin. Et pour les chrétiens notamment on s’enveloppe d’un drap de spiritualité en entamant la période de carême le mercredi des cendres. Cette année 2021 en plus, la belle fête du football local le Chan que notre pays abrite en rajoute une couche sur le gâteau des ondes positives.

Du coup, notre aptitude à tout absorber nous fait vite perdre la perspective globale des choses. Baisser la garde. 2020 a été ce qu’elle a été, mais le passage à une nouvelle année n’a en rien effacé l’environnement négatif qui a causé tant de spleen. Les deux trois moments d’exultation qui se projettent ne sont pas forcément la lueur annonçant le bout du tunnel. au plan individuel comme collectif, il y aura encore des sacrifices à faire, des efforts de discipline à déployer, de l’ingéniosité à mettre en oeuvre pour retrouver durablement des jours de soleil et de vaches grasses. Par conséquent, profitons de ce «court» mois d’accalmie en «fêtant» les jeunes, l’amour et le sport. Mais sans enterrer par la même occasion les bonnes résolutions de décembre/janvier, qui pour le coup, devraient être utiles à nombre d’entre nous.


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